Frontières éternelle, querelles passagères : Wilfried Léandre Houngbédji salue l’accueil des dirigeants et de la population de l’AES au président Wadagni
Le gouvernement béninois a donné des précisions vendredi 5 juin sur la première série de déplacements diplomatiques du président Romuald Wadagni dans la sous-région. Devant les journalistes, le ministre porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, a présenté ces visites comme une action voulue pour renforcer les relations de bon voisinage et lancer une dynamique renouvelée de coopération régionale, notamment avec les pays de l’Alliance des États du Sahel.
En parlant plus précisément des étapes réalisées au Niger et au Burkina Faso, deux pays membres de l’Alliance des États du Sahel, le porte-parole du gouvernement a écarté l’idée d’un tournant dans la politique étrangère du Bénin. « Par le passé, le Bénin n’est pas resté fermé aux pays de l’AES », a-t-il affirmé. Il a rappelé que les autorités béninoises ont toujours favorisé le dialogue avec leurs voisins sahéliens. Selon le ministre, les tensions observées ces dernières années ne remettent pas en cause cette volonté de coopération. Il a estimé que la position du Bénin au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest avait entraîné certaines incompréhensions avec les pays de l’Alliance des États du Sahel. « Du fait de notre position en tant que partenaire loyal au sein de la CEDEAO, ces pays se sont fâchés avec nous », a-t-il déclaré. D’après lui, Cotonou a toujours travaillé pour maintenir le dialogue et normaliser les relations diplomatiques.
Le porte-parole a ensuite insisté sur la nécessité d’un rapprochement durable entre les pays de la région. « Il n’arrivera pas demain, à moins d’une tectonique extraordinaire, que le Niger et le Burkina soient détachés du Bénin avec qui ils partagent des frontières », a-t-il lancé pour montrer l’interdépendance géographique de ces États.
En ce qui concerne l’esprit de cette tournée présidentielle, Wilfried Léandre Houngbédji a expliqué que Romuald Wadagni avait entrepris ces visites dans une démarche de prise de contact avec ses homologues. Pour lui, le nouveau président a souhaité rencontrer les autres chefs d’État afin de leur montrer sa disponibilité à renforcer les liens bilatéraux et à promouvoir une nouvelle phase de coopération entre les pays de la sous-région.
Le gouvernement se réjouit par ailleurs de l’accueil réservé à cette initiative diplomatique. « Il est heureux de constater que de l’autre côté également, les dirigeants de ces pays, la population elle-même, ont été parfaitement réceptifs à cette démarche », a indiqué le ministre. Cette satisfaction témoigne selon lui d’une volonté partagée de dépasser les malentendus passés et de construire ensemble des relations plus solides. Les prochains mois diront si cette impulsion se traduit par des projets concrets entre le Bénin et ses voisins sahéliens, dans un esprit de confiance retrouvée et de coopération apaisée.
Etienne YEMADJE