Dadah Bokpè Houézrèhouèkè : « Discerner pour s’élever, l’âme du libre arbitre »
Dadah Bokpè Houézrèhouèkè éclaire sur la véritable nature du libre arbitre, bien au-delà des simples désirs. Il enseigne que la volonté est une lumière divine, un outil de discernement offert à l’homme pour s’élever et accomplir sa mission. Il distingue les envies passagères de la volonté profonde, interroge le rôle des communautés et nous invite à dépasser l’ego pour relier le bas au supérieur. À travers son expérience personnelle, il rappelle que le destin se façonne par nos choix, dans l’espérance de la providence.
« Aujourd’hui, il nous est donné de nouveau, mais à un niveau plus profond, d’aborder le thème de la volonté, du libre arbitre, de ce que l’homme souhaite au plus intime de lui-même. Il s’agit d’examiner de plus près cette lumière de la volonté qui brille en chaque être humain, cette faculté précieuse qui lui a été offerte depuis les origines. En quoi consiste véritablement la propre volonté de l’homme ? Elle ne se résume pas aux simples désirs ni aux rêves éphémères qui traversent l’esprit. Elle est bien davantage : elle est une fonction divine, un outil de discernement et d’élévation. Il importe donc de comprendre quel est son rôle du point de vue du Créateur, et comment l’homme peut distinguer entre les envies passagères et la lumière nécessaire qui jaillit du fond de son être.
Le désir, le vouloir, la volonté humaine ne sont pas des forces aveugles. Ils ont une finalité précise. La volonté a été donnée à l’homme pour qu’il puisse recevoir en priorité la lumière élevée, celle qui le relie à son origine spirituelle. Le Seigneur, dans sa sagesse infinie, ne peut planter son désir dans le vide. Il a besoin d’un récipient pour manifester sa volonté d’unité. L’homme a donc reçu cette volonté pour être ce récipient, pour accueillir la lumière et la faire rayonner sur la terre. C’est en ce sens que l’on parle de libre arbitre. Cette liberté n’est pas un laisser-aller ni une permission de faire ce que l’on veut sans conséquence. Elle est donnée pour que l’homme apprenne à distinguer, à choisir entre ce qui l’élève et ce qui l’abaisse. Elle est là pour qu’il puisse accomplir sa mission ici-bas, car la vie humaine ne saurait être pleinement et correctement formée sans cette capacité de discernement. Le libre arbitre aide à devenir plus parfait en tant qu’homme, même si une perfection absolue dans l’espace et le temps demeure hors de portée. Il est un chemin, non une fin.
Pourtant, l’homme est responsable de beaucoup de stupidités, de guerres et de destructions dans notre monde. On pourrait alors se demander pourquoi le Seigneur n’a pas retiré le libre arbitre à l’humanité, puisqu’il est si souvent mal employé. La réponse est profonde : si le libre arbitre était retiré, l’homme ne pourrait plus s’élever. Il deviendrait une simple mécanique, privé de sa capacité à chercher la vérité et à grandir. La lumière de la terre serait alors perdue pour toujours. Le Seigneur, dans son amour, ne souhaite pas une humanité soumise par la force, mais une humanité qui choisit librement la voie de l’élévation. Que devons-nous faire maintenant pour utiliser ce libre arbitre avec sagesse et prendre la bonne décision ? L’homme qui cherche la lumière de la liberté accomplira la loi supérieure et trouvera la Révélation de la lumière de l’unité. Il ne s’agit pas d’obéir aveuglément, mais de comprendre, d’intégrer et d’agir en harmonie avec les lois divines.
La création, ce que le Seigneur a établi, est déjà enracinée en l’homme à bien des égards. La lumière est à l’origine, formée dans l’unité là-haut, et elle est tissée dans la nature humaine de manière indélébile. La lumière de l’essence est enracinée en lui et ne peut être facilement retirée, en raison des lois immuables installées par le Créateur lui-même, qui n’a jamais eu l’art de se contredire ou de se contrefaire. L’homme est né avec cette empreinte divine, et c’est ainsi qu’il peut recevoir la lumière, la former, la diriger et la transformer. Ce nécessaire est tissé dans sa nature. Pouvons-nous alors conclure que tout a déjà été prévu et donné pour chaque être humain sur terre ? Le vrai plan que le Seigneur avait prévu est la providence pour l’homme. Mais ce plan n’a pas été suivi. L’homme a refusé de rester et d’agir sous la direction divine. Ainsi, une existence destinée s’est formée pour lui, un destin qu’il est amené à façonner par l’emploi du libre arbitre, dans les limites des lois naturelles. Le destin n’est pas une prison, mais un cadre à l’intérieur duquel la liberté peut s’exercer.
Et qu’en est-il de la volonté libre des États ?
L’État, en tant que structure collective, n’a pas de volonté libre au sens où l’homme en possède une. La création divine est enracinée dans l’homme, et c’est par l’homme que la lumière peut agir dans les sociétés. L’État n’est qu’une organisation humaine, qui ne possède pas d’âme propre. Ce sont les êtres humains, en tant que totalité, en tant que communauté, qui doivent être considérés dans ce contexte. Que peut-on faire pour que les sociétés et les communautés se développent toujours dans une direction divine ? La communauté doit viser un objectif commun. C’est une nécessité, une chose qui doit être formée avec soin. L’homme en est capable, mais bien souvent, les gens pensent d’abord à eux-mêmes. Ainsi, ils perdent le sens de la communauté et finissent par suivre des chemins différents, ce qui les éloigne souvent de Dieu ou les conduits à l’adoration du mal. L’homme doit donc toujours prendre conscience de cette situation. Créer une communauté ou la quitter sont des décisions qui doivent être examinées et considérées avec une grande attention.
Dès qu’une personne, au sein d’une société, parvient à mettre de côté son propre ego pour reconnaître ce qui est supérieur, des chemins invisibles s’ouvrent à elle. Ces chemins l’élèvent et élèvent ainsi toute la société vers Dieu. Elle reçoit la force de relier le bas au supérieur et d’accomplir la mission nécessaire dans cette société, que cela soit conscient ou inconscient. Chercher le vrai chemin est la première étape dans cette entreprise. Ainsi, on reçoit la vraie lumière pour avancer et accomplir de bonnes actions. Dans ce contexte des communautés, il est nécessaire de mentionner le libre arbitre. La culture, voire la spiritualité vaudou, est un chemin nivelant qui mène au juste chemin de l’infini, où la divinité sera toujours accomplie. Ce n’est pas une voie de hasard, mais une voie qui, lorsqu’elle est suivie avec sincérité, permet de retrouver l’harmonie avec les lois divines.
Pouvons-nous en conclure que tout a déjà été prévu et donné pour chaque personne sur terre ?
Le véritable plan que le Seigneur avait prévu pour l’homme, la providence, n’a pas été suivi. Ainsi, un destin inévitable est né pour l’homme. Mais ce destin n’est pas une fatalité. Il est le résultat des choix passés et présents. L’homme, par son libre arbitre, peut encore infléchir sa route et se rapprocher de la lumière.
Retenons ceci : tout ce que l’homme plante ici-bas est son héritage devant Dieu. Il doit comprendre que la volonté est une lumière qui s’éveille en lui. Chaque fois qu’il reconnaît en lui la lumière de la volonté divine, il la recevra, et cela correspond à l’être supérieur. Un peu plus, et il recevra alors la lumière de l’unité, cette lumière qui rassemble et qui transcende toutes les divisions. On m’a demandé tout récemment comment je gère ma propre volonté. Oh ! Mes chers enfants de la lumière ! Dieu m’a fait naître dans l’espace et le temps. J’utilise le temps au pays des Européens, dans leur espace, et ainsi je remplis l’espace africain. Chaque jour, je révise ma propre volonté, j’écoute mon cœur, je le suis avec réflexion, et j’agis selon la nécessité. Mon destin m’a obligé ainsi à agir parmi mes semblables, dans l’espérance de la providence. Que la paix royale vous accompagne et que Dieu vous bénisse. »
UNE REFLEXION DE DADAH BOKPE HOUEZREHOUEKE


