Dadah Bokpè Houézrèhouèkè  : « La reconnaissance, ce pilier qui porte le monde »

 Dadah Bokpè Houézrèhouèkè  : « La reconnaissance, ce pilier qui porte le monde »

Dans un monde où le regard se perd souvent dans le manque et la comparaison, Dadah Bokpè Houézrèhouèkè invite à une révolution du cœur : celle de la reconnaissance. Loin d’un simple remerciement, il en fait le pilier fondamental d’une existence éclairée. À travers cette sagesse accessible à tous, il montre comment, en portant notre attention sur les dons simples du présent, nous pouvons ériger en nous une force tranquille. Cette force transforme notre rapport au monde, apaise nos souffrances, relie les cœurs et laisse jaillir une lumière intérieure qui réchauffe et guide. Un enseignement profond pour transformer le quotidien, pierre après pierre, par la puissance d’un regard ajusté. Lisez la deuxième et dernière partie !!!

Alors, concrètement, comment ériger, pierre après pierre, ce pilier dans le jardin parfois en friche de votre vie quotidienne ? Cela commence toujours par une pause. Un arrêt délibéré, ne serait-ce que le temps d’une respiration profonde, plusieurs fois par jour. Dans ce court silence que vous créez, posez-vous cette question simple, sans forcing : « Pour quoi, en cet instant précis, puis-je sentir une graine, même minuscule, de reconnaissance ? » Laissez la réponse venir, elle est toujours là. Cela peut être la douceur inattendue du tissu sur votre peau. La simple absence de douleur aiguë. Un souvenir réconfortant qui affleure. Le chant complexe d’un oiseau sur la branche. La chaleur de la tasse entre vos mains. Ne cherchez pas forcément l’extraordinaire, le grandiose. Cherchez le réel, le tangible, le modeste. C’est là que se trouve la substance véritable.

Peu à peu, jour après jour, cet exercice patient façonne l’esprit. Il le rééduque en douceur. L’esprit, naturellement et par ancien réflexe de survie, est porté vers la détection des problèmes, des dangers, des manques. Vous lui apprenez un nouveau réflexe, plus enrichissant : la détection des dons, des présents disséminés sur le chemin. Vous ne devenez pas pour autant naïf, aveugle aux difficultés du monde. Vous devenez équilibré, complet. Vous voyez les ombres, vous les reconnaissez, mais vous choisissez activement, par un acte de liberté intérieure, de nourrir aussi la lumière. Votre quotidien se métamorphose alors. Il n’est plus une longue et fatigante liste d’obstacles à surmonter, mais un chemin où, régulièrement, des points lumineux apparaissent, comme des balises, et vous guident, vous réconfortent, vous redonnent force.

La lumière dont je parle ici n’est pas une illumination mystique réservée à quelques ascètes ou sages retirés du monde. C’est une clarté intérieure accessible à tous. C’est la sensation de plénitude dans l’instant présent, indépendante des conditions extérieures. C’est la sérénité qui naît doucement du fait de se sentir non pas en lutte constante, en guerre épuisante contre la vie et ses aléas, mais en alliance, en relation d’échange avec elle. En reconnaissant, vous adressez à l’univers, à la vie, un message puissant : « Je vois ce qui m’est offert. J’en suis conscient et je l’accueille. » Et la vie, dans sa grande et mystérieuse générosité, possède cette tendance observable à donner davantage, à se dévoiler plus richement à celui dont le cœur est ouvert, à celui qui sait voir et apprécier avec justesse ce qu’il a déjà reçu. Ce n’est pas une magie, c’est une loi de l’attention : ce sur quoi nous portons notre attention consciente grandit dans notre expérience.

La reconnaissance est donc bien plus qu’une vertu sociale ou qu’un sentiment passager. C’est une sagesse pratique, un art de vivre. C’est un outil de transformation puissant et à la portée de toutes les mains. C’est le pilier central que vous pouvez choisir, dans votre entière liberté, de renforcer chaque jour, non par de grands efforts dramatiques, mais par de simples regards ajustés, par de simples pensées orientées. Ce pilier, une fois solidement dressé en vous, soutient tout. Il soutient la joie en lui donnant un terreau fertile. Il apaise la souffrance en ne la laissant pas occuper tout l’espace. Il nourrit l’espoir non comme une illusion mais comme une confiance dans le mouvement même de la vie. Et surtout, il relie les êtres, tissant entre eux une toile invisible de respect mutuel et de visibilité partagée.

Alors, je vous le redis avec l’insistance tranquille de celui qui a vu cette vérité à l’œuvre : commencez aujourd’hui. Maintenant, dans l’instant qui suit ces mots. Tournez votre regard, ne serait-ce que cinq secondes volées à l’agitation, vers un fragment de beauté autour de vous, vers un élément de confort si familier, vers une présence bienveillante, humaine ou non. Reconnaissez-le. Sentez-le pleinement, laissez la sensation vous traverser. Sans mot nécessaire, sans cérémonie compliquée. Juste la conscience claire et silencieuse du don reçu. C’est le premier pas, le plus important.

Vous verrez, c’est par cette petite fissure volontairement pratiquée dans l’armure de l’habitude que la lumière jaillira davantage. Elle inondera peu à peu, tel un soleil levant, votre quotidien de sa clarté bienfaisante et apaisante. C’est la loi simple et immuable du cœur. Et le cœur humain, lorsqu’il est ouvert et irrigué par les eaux vives de la gratitude, cesse d’être une simple pompe et devient, naturellement, sans effort, la demeure même, spacieuse et accueillante, de la lumière éternelle.

Une réflexion de DADAH BOKPE HOUEZREHOUEKE 

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