Seafood4Africa 2026 : « L’Afrique ne peut plus se contenter d’observer sa filière halieutique, elle doit désormais la structurer et la projeter »
À deux jours de l’ouverture de Seafood4Africa 2026, M. Hassan Sentissi, président de la Fédération Nationale des Industries de Transformation et de Valorisation des Produits de la Mer (FENIP), livre une lecture stratégique et sans détour des enjeux du secteur halieutique africain. Dans cet entretien, il affirme l’ambition d’un rendez-vous devenu central pour la sécurité alimentaire, l’économie bleue et l’intégration des marchés africains.
Quel message souhaitez-vous adresser aux acteurs du secteur halieutique africain à quelques heures de l’ouverture de Seafood4Africa 2026?
Le message est clair et volontairement direct. Seafood4Africa 2026 n’est ni un espace de commentaires, ni un forum de constats supplémentaires. C’est une plateforme d’alignement stratégique et d’action, pensée pour servir la sécurité alimentaire, la durabilité des ressources et la montée en valeur des produits de la mer sur le continent africain.
Nous venons accélérer la transformation de la filière, sécuriser ses marchés et renforcer sa compétitivité, en Afrique et depuis l’Afrique. Seafood4Africa est conçu comme un lieu où les priorités africaines se traduisent en décisions concrètes, en projets structurants et en partenariats opérationnels.
Qu’est-ce qui distingue concrètement l’édition 2026 des précédentes ?
En 2026, nous changeons clairement de dimension. D’abord sur le plan de l’architecture de l’événement. Le forum, l’exposition et la plateforme B2B sont désormais pleinement intégrés, avec un fil conducteur assumé et orienté vers la création de valeur et la conclusion de partenariats.
Ensuite, le contenu a été profondément renforcé sur le plan opérationnel. Moins de discours généraux, davantage de chaînes de valeur, d’accès aux marchés, de retours d’expérience et de solutions concrètes. L’aquaculture y occupe une place centrale, en tant que levier majeur de souveraineté alimentaire, de résilience climatique et de création de valeur, aux côtés de la transformation industrielle, des normes et certifications, de la logistique et de la finance.
Enfin, Seafood4Africa 2026 est clairement pensé comme un catalyseur des échanges intra-africains, en cohérence avec la ZLECAF. L’objectif est de dépasser les silos nationaux et de favoriser une véritable intégration régionale, notamment entre pays côtiers et pays de l’hinterland.
Pourquoi Seafood4Africa est-il devenu un rendez-vous incontournable pour les acteurs du secteur ?
Parce qu’il s’agit aujourd’hui de l’un des rares espaces africains crédibles où se rencontrent, autour des mêmes enjeux, les décideurs publics, les industriels, les investisseurs, les acheteurs et les experts.
Les discussions portent sur ce qui est prioritaire pour l’Afrique aujourd’hui : la sécurité alimentaire, la durabilité des ressources, l’industrialisation locale, l’aquaculture responsable et l’intégration des marchés africains. Seafood4Africa est également une initiative portée par la FENIP pour répondre de manière concrète à l’appel de Sa Majesté le Roi Mohammed VI visant à faire de l’économie bleue un moteur de développement, de souveraineté alimentaire et de coopération Sud-Sud.
Dans son message à Nice, Sa Majesté a rappelé que l’économie bleue n’est pas un luxe écologique, mais une nécessité stratégique. Seafood4Africa s’inscrit pleinement dans cette vision.
En une phrase, quelle est la promesse de Seafood4Africa 2026 ?
Donner aux professionnels un temps d’avance, en transformant les grands enjeux africains – sécurité alimentaire, durabilité, aquaculture et ZLECAF – en opportunités concrètes : partenariats structurés, accès réel aux marchés, investissements ciblés et projets exécutables, dans un cadre sérieux, sélectif et résolument orienté résultats.
Entretien réalisé par Issa Moussa