Marouf Salami sur la visite du président Wadagni à Niamey : « C’est le passage de la parole à l’action »
La visite officielle du président Romuald Wadagni à Niamey, aux côtés de son homologue nigérien le général Tiani, a suscité un grand espoir au sein des transitaires au Bénin. Parmi les voix les plus enthousiastes, celle du président de l’Association des Jeunes Déclarants Mandataires en Douane du Bénin (AJDMDB), Marouf Salami, porte un message de satisfaction mesurée mais réelle. Lui et les membres de son association voient dans ce déplacement présidentiel un signe politique fort, celui d’une volonté de renouer le dialogue régional et de reconstruire des liens que les crises et les malentendus ont trop longtemps fragilisés.
Depuis bientôt trois ans, l’AJDMDB porte une demande claire et constante auprès des autorités béninoises. Au cœur de leurs attentes techniques adressées au tout nouveau président Romuald Wadagni, une espérance se dégage avec une force particulière. L’association souhaite et espère l’ouverture rapide de la frontière avec le Niger. Cette réouverture permettrait une fluidité nouvelle dans leurs activités quotidiennes ainsi qu’une augmentation des recettes pour l’État central. Pour ces jeunes professionnels du transit, il s’agit là d’un enjeu majeur, aussi bien pour leur avenir que pour la santé économique du pays.
Marouf Salami ne cache pas sa satisfaction. Il explique que la fermeture de cette frontière a « pesé lourdement sur les échanges commerciaux, sur les délais de passage des marchandises et sur la prévisibilité des revenus pour l’ensemble des acteurs économiques.» Les conséquences dira-t-il « se sont fait sentir à chaque maillon de la chaîne, depuis le petit déclarant jusqu’aux grandes administrations. » Selon lui, rouvrir ce passage, c’est renouer avec un flux naturel d’échanges qui bénéficie à toutes les parties prenantes. « C’est aussi redonner du sens au métier de déclarant en douane, un métier qui vit de la régularité et de la confiance entre États voisins. », indique-t-il.
Ce qui réjouit particulièrement les membres de l’association, c’est que leur aspiration rejoint les déclarations récentes du nouveau président lui-même. Marouf Salami rappelle avec insistance les mots prononcés par Romuald Wadagni pendant sa campagne électorale. Le président avait alors martelé une idée simple mais puissante. Il avait affirmé, et l’association tient à le citer : « Nous devons nous parler, nous n’avons pas le choix ». Il avait ajouté, dans le même élan de sincérité : « Nous saisirons l’occasion d’aller encore vers nos voisins qui peinent à nous faire confiance ».
Pour les jeunes déclarants mandataires, ces paroles ne sont pas restées lettre morte. La visite à Niamey du président Romuald Wadagni montre selon eux une volonté politique claire et assumée. Elle incarne le passage de la parole à l’action. Marouf Salami souligne que son association voit dans cette rencontre au plus haut niveau une avancée décisive. L’ouverture de la frontière avec le Niger s’inscrit naturellement dans cette démarche de reconquête de la confiance entre voisins. Il ne s’agit pas seulement d’un calcul économique, mais bien d’un acte politique de portée régionale.
Les membres de l’AJDMDB se disent aujourd’hui animés par un sentiment d’optimisme raisonnable. Ils ne demandent pas une réouverture précipitée ou mal préparée, mais ils espèrent que les discussions engagées à Niamey aboutiront rapidement à des décisions concrètes sur le terrain. Marouf Salami insiste sur le fait que la fluidité des échanges profitera aux deux pays, au Bénin comme au Niger. Il rappelle que les recettes douanières, une fois rétablies, serviront à financer des projets utiles à toute la population, et que les jeunes déclarants pourront enfin travailler dans des conditions stables et sécurisées.
En attendant, l’association reste vigilante et engagée. Elle continuera à accompagner les autorités de ses suggestions techniques et de sa bonne volonté. La satisfaction qui anime aujourd’hui Marouf Salami et les membres de l’AJDMDB est celle de professionnels responsables, qui voient enfin leurs préoccupations prises en compte au plus haut niveau de l’État. Pour eux, le voyage de Romuald Wadagni à Niamey n’est pas une simple formalité diplomatique. C’est le signe que le dialogue reprend, que la confiance peut se reconstruire pierre par pierre, et que la frontière fermée depuis trop longtemps pourrait bientôt rouvrir ses portes à la vie économique et à la fraternité régionale.
Damien TOLOMISSI