Pouvoir d’achat, santé, éducation : Romuald Wadagni imprime son rythme
Le 24 mai 2026, Romuald Wadagni prêtait serment dans une atmosphère empreinte de solennité. Devant la Nation, il s’engageait à gouverner avec intégrité, courage et constance, rappelant que le pouvoir n’est pas un privilège, mais une responsabilité devant le peuple et devant l’histoire. Beaucoup y ont vu des promesses de circonstance. Quelques semaines plus tard, le nouveau chef de l’État s’attache pourtant à traduire ses engagements en décisions concrètes.
Depuis son investiture, Romuald Wadagni a fait de l’exécution de ses promesses un marqueur de son action. Les décisions prises lors du Conseil des ministres du 1er juillet 2026 s’inscrivent dans cette logique. Parmi les principales mesures figure l’harmonisation des coûts des actes judiciaires, accompagnée de l’instauration du règlement électronique, afin de rendre la justice plus accessible. Le gouvernement a également décidé de réduire les redevances applicables aux espaces marchands des pôles commerciaux Tokpa Yôyô et Tokpa Daho, dans le but d’alléger les charges des commerçants. « Avec cette baisse, je vais pouvoir réduire un peu mes prix de vente. Mes clientes vont souffler », confie Akouavi, vendeuse de légumes au marché Dantokpa.
L’une des décisions les plus attendues concerne toutefois la fonction publique. Au total, 1 110 agents bloqués au 11e échelon ont été promus au 12e échelon. Cette mesure s’accompagne des rappels de salaire correspondants, tandis que les retraités concernés bénéficieront d’une reconstitution de carrière et d’une révision de leurs droits. « Je croyais que ma promotion n’arriverait jamais. Aujourd’hui, je ressens une reconnaissance qui dépasse le simple aspect financier », témoigne Éric, enseignant dans un collège de Cotonou.
Ces avancées interviennent dans un contexte international marqué par de nombreuses incertitudes. Dès son arrivée au pouvoir, le président Wadagni a multiplié les déplacements diplomatiques à Lagos, Niamey, Ouagadougou, Lomé, Abidjan, puis Bruxelles afin de consolider les partenariats et d’attirer de nouveaux investissements. Mais c’est sur le front intérieur que les changements sont les plus perceptibles.
L’éducation et la santé, deux secteurs essentiels pour les familles, occupent une place centrale dans cette dynamique. À partir de la rentrée scolaire 2026-2027, la scolarité sera entièrement gratuite pour toutes les filles inscrites dans les établissements publics d’enseignement secondaire général et technique. « Avec trois filles au lycée, je dépensais près de 150 000 francs CFA par an. Désormais, je pourrai consacrer cet argent à leur alimentation et à leurs fournitures scolaires », se réjouit Mariam, mère de famille à Parakou.
Dans le secteur de la santé, une enveloppe d’un milliard de francs CFA a été mobilisée pour constituer des stocks d’intrants médicaux dans les hôpitaux publics. L’objectif est de garantir la prise en charge de toutes les urgences vitales sans exigence de paiement préalable. « Mon frère est décédé l’an dernier parce qu’on lui demandait une avance qu’il ne pouvait pas payer. Si cette mesure avait existé, son sort aurait peut-être été différent », confie Amadou, mécanicien à Bohicon.
L’agriculture, moteur de l’économie nationale, bénéficie également d’un soutien renforcé. Face aux tensions internationales qui affectent les coûts de production, l’État poursuit la subvention des intrants agricoles et instaure des primes exceptionnelles. Les producteurs de coton percevront ainsi 10 francs CFA supplémentaires par kilogramme si la production nationale dépasse 700 000 tonnes. Le même dispositif est prévu pour la noix de cajou, le soja et le riz, dès lors que les objectifs de transformation locale seront atteints. « Cette prime nous encourage à produire davantage. Avec la hausse du prix des engrais, ces 10 francs supplémentaires représentent un soutien appréciable », explique Gbéto, producteur de riz dans la vallée de l’Ouémé.
En quelques semaines, Romuald Wadagni a engagé une série de réformes combinant discipline budgétaire et mesures sociales. Son action s’articule autour de réponses concrètes aux préoccupations exprimées par les populations. « Nous avons souvent entendu de belles promesses. Cette fois, nous commençons à voir leurs effets dans notre quotidien », estime Jeanne, commerçante à Porto-Novo.
Le président entend ainsi inscrire son mandat dans une logique d’action, avec des priorités clairement affichées : améliorer le pouvoir d’achat, renforcer la protection sociale et investir dans l’avenir. Si les défis demeurent nombreux, les premières mesures prises donnent le ton d’une gouvernance qui mise sur des résultats concrets.
Damien TOLOMISSI


