Téléphone au volant : Pratique répréhensible mais persistante
Le téléphone portable est un outil indispensable au quotidien. Cependant, son utilisation pendant la conduite d’un véhicule représente un danger majeur. Malgré les risques d’accidents, de nombreux conducteurs continuent de téléphoner ou d’envoyer des messages en circulation. Une pratique qui soulève des préoccupations en matière de sécurité routière.
C’est fréquent de voir des usagers de la route utiliser le téléphone portable tout en conduisant. Alors que certains essaient de répondre à des appels, d’autres consultent leurs messagerie sans mesurer les conséquences de leurs actes. Et ce ne sont pas les individus remorqués sur le siège passager mais le conducteur lui-même. « Du fait des appels, des SMS qui viennent et qui urgent, j’essaie de répondre à l’instant ce qui m’oblige à utiliser mon téléphone avec une main et l’autre pour conduire » justifie un jeune cotonois. « Je sais que c’est grave. Ce n’est pas bon. Parce que lorsqu’on utilise un téléphone portable, on peut perdre le contrôle et créer des accidents mais bon, on gère » ajoute un autre conducteur.
Désapprobation totale
Si c’est jeunes continuent la pratique malgré les risques, c’est un comportement à proscrire des habitudes pour d’autres. « Je n’utilise jamais mon téléphone quand je suis à moto parce qu’il y a beaucoup de risques là-dedans. Je ne veux pas m’y exposer » souligne un usager. « C’est un acte dangereux qui met en péril la vie et peut avoir des conséquences dramatiques. Même des autres usagers » va soutenir un conducteur de taxi moto, très remonté contre la pratique. « Si vous pouvez comprendre comment ça m’énerve quand je vois ça ? » ajoute-t-il. Pour ces derniers, rien peut justifier la pratique, même pas l’urgence parce les risques sont multiples.
Des pistes de solution
De l’appel à la prudence à la sanction en passant par la sensibilisation, les solutions proposées par les usagers ne manquent pas pour décourager ces usagers qui enfreignent cette règle de sécurité routière. « S’il y a une urgence, je me gare au bord du trottoir et puis je sors mon téléphone. Je vois ce qu’il y a et puis je règle le problème » propose le jeune cotonois. « Il faut les convaincre de ce qu’ils font est dangereux. Quand tu convaincs, la personne comprend. C’est plus utile » fait savoir un cinquantenaire qui mise sur la sensibilisation.

Que fait la police?
Au Bénin, le Code de la route interdit formellement l’usage du téléphone portable en circulation, au volant d’un véhicule à quatre roues ou au guidon d’une moto. Qu’il s’agisse de téléphoner, lire des messages ou utiliser internet, la manipulation même du téléphone en circulation est strictement répréhensible puisqu’elle est perçue comme une source de distraction. Parce que »l’inattention, même de quelques secondes, augmente considérablement le risque d’accident » selon les spécialistes. Pour faire respecter cette mesure, la Police républicaine effectue régulièrement des opérations de répression sur les axes routiers. Le flagrant délit coûte une amende forfaitaire pour infraction au Code de la route. Les montants appliqués varient en fonction des véhicules. Pour les Automobilistes (quatre roues), l’amende couramment appliquée s’élève à 10 000 FCFA. Selon la gravité et la situation, elle peut atteindre 20. 000 FCFA si l’infraction est cumulée avec un danger immédiat. Chez les contrevenants de deux-roues (à moto), l’amende coûte entre 10 000 FCFA et 15 000 FCFA. A cela, il faut appliquer parfois des frais de fourrière.
Arnaud ACAKPO (Coll)


