Célébration des 66 ans d’indépendance du Bénin avec éclat et symboles forts : Couleurs et émotions au rendez-vous du 1er août
La ville de Cotonou avait des allures de grande fête le samedi 1er août 2026. Le Bénin tout entier célébrait avec ferveur le 66ème anniversaire de son accession à la pleine souveraineté. Sur le boulevard de la Marina, au pied de la majestueuse statue de l’Amazone, les regards étaient tournés vers le ciel et vers ce défilé militaire et paramilitaire devenu, au fil des ans, un rendez-vous incontournable de la commémoration.
Dès les premières lueurs du jour, l’effervescence gagnait les abords du Monument aux Dévoués, non loin du Port autonome. La cérémonie s’est ouverte dans le recueillement avec le dépôt de gerbe fait par le président, Romuald Wadagni, un geste chargé de mémoire pour honorer ceux qui ont donné leur vie pour la patrie. Puis vint le temps solennel de la revue des troupes par le chef de l’État, avant que le défilé proprement-dit ne déroule son ballet militaire et civil sur le bitume chauffé par le soleil tropical.

Ce 66ème printemps de l’indépendance béninoise restera gravé dans les mémoires pour plusieurs raisons qui lui confèrent une saveur toute particulière. L’assistance a d’abord été surprise et heureuse de saluer la présence des anciens présidents de la République. Patrice Talon, qui a conduit les destinées du pays pendant une décennie, de 2016 à 2026, avant de passer le témoin à Romuald Wadagni, prenait place parmi les invités d’honneur. À ses côtés, Thomas Boni Yayi, autre figure marquante de la vie politique nationale, participait également à cette célébration. Leur présence commune, dans un contexte politique récemment marqué par l’alternance du mois de mai, n’est pas passée inaperçue et a nourri bien des commentaires, témoignant de l’importance des moments de cohésion nationale.
Le défilé a également offert un visage de la coopération régionale. Un détachement militaire venu du Nigeria, pays voisin et allié, a marché aux côtés des soldats béninois. Cette participation illustre avec force la volonté commune de renforcer la sécurité dans le Golfe de Guinée et de sceller une amitié opérationnelle entre les deux nations. En dehors du spectacle des armes, ce geste est un message édifiant sur la solidarité qui unit les peuples dans la défense de leurs frontières.

Mais le moment qui a sans doute le plus ému la foule fut le dernier tableau de la cérémonie. Pour la première fois, l’hymne national, cette vibrante « Aube Nouvelle », a retenti en langue Dendi. Après les interprétations en fon et en adja lors des années précédentes, ce choix s’inscrit dans une belle dynamique de valorisation du patrimoine linguistique du Bénin. La mélodie, portée par les sonorités de cette langue du nord, a provoqué une vive émotion et des applaudissements nourris parmi les invités et les citoyens rassemblés sur la place de l’Amazone. C’était une reconnaissance solennelle de la diversité culturelle qui fait la richesse du pays.
Cette édition était aussi une grande première pour le président Romuald Wadagni. Investi le 24 mai dernier, il présidait pour la première fois les festivités officielles du 1er août en qualité de chef suprême des armées. Sa posture, à la fois ferme et accessible, a marqué les esprits alors qu’il saluait les troupes et dirigeait les différentes séquences de la cérémonie. Ce moment a symbolisé l’entrée dans une nouvelle ère politique, sous le signe de la continuité républicaine et de l’espérance.
Enfin, une autre singularité de cette célébration fut la présence inaugurale du Sénat, cette jeune institution de la République. Pour la toute première fois, les sénateurs ont pris place au sein du protocole officiel, aux côtés des autres corps constitués. Leur participation marque l’ancrage définitif de cette chambre dans le paysage institutionnel et son intégration aux grandes manifestations de l’État, renforçant ainsi la représentativité démocratique.

Outre le faste militaire et des discours officiels, la célébration du 66ème anniversaire de l’indépendance du Bénin a donc été un concentré de symboles. Entre mémoire des anciens, reconnaissance des langues nationales, coopération sous régionale et confirmation des nouvelles institutions, cette journée a su conjuguer le respect des traditions avec l’élan d’un pays qui regarde résolument vers l’avenir. La fête s’est achevée dans une ambiance de liesse et de recueillement, laissant augurer d’une année nouvelle placée sous le sceau de l’unité et du progrès.
Damien TOLOMISSI


