CENA : Entre héritage et devoir
Au Bénin, un vent nouveau souffle sur le paysage électoral. Le 22 juillet 2026, le président Romuald Wadagni a posé sa signature sur un décret qui marque la fin d’une époque et le début d’une autre. Ce texte important précise comment les biens de l’ancienne Commission Electorale Nationale Autonome (CENA), vont être préservés et comment ses engagements vont être réglés.
La disparition de cette institution, même si elle est momentanée, ne peut pas se faire dans le désordre. Il faut de la rigueur, de la transparence et du respect pour tout ce qui a été construit. C’est tout le sens de ce décret qui vient encadrer cette transition délicate. Lorsqu’une grande institution s’éteint, elle laisse derrière elle un patrimoine, des souvenirs, mais aussi des responsabilités. Le décret présidentiel définit avec soin ce qui compose l’héritage de la CENA. Il ne s’agit pas seulement de bâtiments ou de bureaux. Il y a d’abord tous les biens mobiliers et immobiliers que l’État, les collectivités publiques, les organismes officiels ou les partenaires techniques et financiers avaient mis à sa disposition. Mais le texte va plus loin. Il inclut également tout titre ou droit de créance que la Commission avait reçu dans l’exercice de sa mission. Ces éléments forment un tout cohérent qui doit être protégé et géré avec attention. La loi du 14 juillet 2026, qui a supprimé l’institution, a ouvert la voie à cette opération de sauvegarde. Désormais, le décret vient préciser les modalités pratiques pour que ce patrimoine ne soit ni dispersé ni oublié.
Outre les murs et des meubles, il y a les dettes et les contrats. La CENA avait noué des liens avec des fournisseurs, des prestataires, des travailleurs. Tous ces engagements doivent être honorés. Le décret organise donc la liquidation de tout ce qui reste à payer ou à exécuter. Sont concernés les contrats de fournitures, les marchés de travaux, les prestations de services qui sont encore en cours. Il en va de même pour les contrats de travail conclus avec le personnel. Chaque dette contractée conformément aux lois et règlements sera examinée et réglée. Les droits de tiers, dûment établis, seront aussi respectés. Cette disposition témoigne d’une volonté claire : l’État ne laisse personne sur le bord du chemin. Il veut que les obligations de l’ancienne institution soient honorées dans le respect des règles et de la justice.
Pour mener à bien cette tâche complexe, le décret prévoit la nomination d’un coordonnateur par le chef de l’État. Cet homme ou cette femme aura la lourde responsabilité d’organiser la prise en charge du patrimoine et de liquider les engagements pris par la CENA. Il devra agir conformément aux lois et aux règlements, avec rigueur et impartialité. Cette fonction est essentielle car elle garantit que l’opération se déroule dans la clarté et la bonne foi. Le coordonnateur sera le garant de la mémoire de l’institution, mais aussi le protecteur des intérêts de tous ceux qui ont travaillé avec elle.
Ce décret du 22 juillet 2026 n’est pas un simple document administratif. Il est le symbole d’un État qui assume ses responsabilités jusqu’au bout. La CENA a été une institution importante pour la démocratie béninoise. Elle a organisé des élections, elle a veillé au bon déroulement des scrutins, elle a incarné la volonté du peuple. Aujourd’hui, elle disparaît, mais son héritage reste. Il appartient à la nation tout entière. En préservant ses biens et en réglant ses dettes, le président Romuald Wadagni reste fidèle à sa ligne directrice : aucune institution ne meurt vraiment si l’on prend soin de ce qu’elle a laissé. Chaque page qui se tourne est aussi une promesse pour l’avenir.
Ainsi, le Bénin avance. Il sait que les transitions sont des moments fragiles, mais aussi des occasions de montrer sa maturité. Ce décret est une preuve de cette sagesse.
Arnaud ACAKPO (Coll)


